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The hanging obelisk at the entrance of the Grand Egyptian Museum

Que portaient les pharaons égyptiens ?

Réponse rapide : les pharaons égyptiens portaient des pagnes en lin appelés shendyt, différentes couronnes selon les occasions, des bijoux protecteurs et des sandales décorées d’ennemis sous la semelle. Chaque élément avait un sens : affirmer leur pouvoir, les relier aux dieux et proclamer « je suis le souverain de l’Égypte ».

Regardez n’importe quelle image de pharaon et vous verrez la célèbre coiffe rayée. C’est le némès, et ce n’était pas un simple couvre-chef : le cobra placé sur le front était censé cracher du feu sur les ennemis, et les couleurs, la forme et même la façon de le nouer avaient un sens.

Ce que beaucoup ignorent, c’est que les pharaons ne s’habillaient pas richement simplement pour paraître riches. Leurs vêtements fonctionnaient comme un uniforme qui disait « je peux parler aux dieux » et « je gouverne toute l’Égypte ». S’habiller faisait partie du rituel royal.

Dans ce guide, vous découvrirez ce que portaient réellement les pharaons, la signification de chaque élément, où voir des vêtements et bijoux royaux dans les musées et comment lire ce que vous verrez en Égypte, du shendyt en lin aux couronnes de guerre et aux sandales qui piétinaient les ennemis.

Pourquoi les vêtements du pharaon comptaient

Le vêtement égyptien était un langage visuel : chaque pièce exprimait le statut, la fonction religieuse et l’autorité politique, et reliait le roi à maât, l’ordre cosmique, en tant qu’intermédiaire entre les hommes et les dieux.

Qu’est-ce qui distinguait les vêtements royaux ? Pas la forme de base (les pharaons portaient les mêmes vêtements fondamentaux que le peuple), mais :

  • La qualité du lin : les rois portaient un lin extrêmement fin, d’une finesse qui impressionne encore les spécialistes.
  • La confection : plissés géométriques et tombés impeccables.
  • Les ajouts symboliques : couronnes, tabliers cérémoniels et amulettes protectrices.
  • Les couleurs sacrées : blanc pour la pureté, bleu pour la protection, rouge pour le pouvoir et or pour l’éternité.

Le shendyt royal : bien plus qu’un pagne

Le shendyt était le vêtement de base des hommes égyptiens, du paysan au pharaon : un pagne de lin enroulé autour des hanches et maintenu par une ceinture. Mais le shendyt royal était très différent : plissés géométriques nets, longueur variable selon les époques (court sous l’Ancien Empire, plus long et superposé sous le Nouvel Empire), décorations possibles et ceinture ornée de symboles protecteurs ou du cartouche royal.

Son évolution

Ancien Empire (2686-2181 av. J.-C.) : simple, à hauteur du genou, peu décoré ; le pouvoir s’affichait par la couronne et le sceptre.

Moyen Empire (2055-1650 av. J.-C.) : un peu plus long, apparition du plissé ; les hommes aisés commencent à porter une chemise légère par-dessus.

Nouvel Empire (1550-1077 av. J.-C.) : la mode royale s’épanouit : shendyts à plusieurs couches, capes sur les épaules, tuniques à manches et tabliers cérémoniels décorés. Les statues de Ramsès II à Abou Simbel illustrent bien ce style, avec ses couches de tissu, ses plissés et le tablier triangulaire devant la ceinture.

Tuniques et manteaux royaux

La kalasiris : une longue tunique de lin blanc et fin, parfois bordée de couleur. Les reines en portaient des versions ajustées de l’épaule à la cheville, parfois presque transparentes.

La peau de léopard : lors de certaines cérémonies, les prêtres surtout portaient une peau de léopard sur les épaules, symbole de puissance sur le chaos. Les reliefs des temples montrent des prêtres ainsi vêtus pendant des rituels comme l’Ouverture de la bouche.

Les couronnes sacrées : chacune racontait une histoire

On croit souvent que le pharaon avait « une couronne ». En réalité il en avait plusieurs, chacune réservée à certaines occasions et porteuse d’un message politique différent. Aucune couronne de pharaon n’a été retrouvée intacte : ce que l’on sait vient des peintures, reliefs et statues.

La Couronne blanche (Hedjet)

Elle représentait la Haute-Égypte (le sud). Haute, en forme de quille et entièrement blanche, elle symbolisait la légitimité sur les terres ancestrales du sud.

La Couronne rouge (Decheret)

Elle représentait la Basse-Égypte (le Delta, au nord). Elle se distinguait par une haute partie arrière et un élément recourbé vers l’avant ; l’abeille était l’un des symboles du nord.

La Double Couronne (Pschent)

Elle associait la Couronne blanche placée dans la Couronne rouge et symbolisait l’Égypte unifiée : « je règne sur les deux terres ». Elle rappelait sans cesse que le pharaon contrôlait deux régions aux économies et centres de pouvoir distincts. La palette de Narmer, datant de l’unification (vers 3100 av. J.-C.), montre le roi coiffé de la Couronne blanche et de la Couronne rouge.

La Couronne bleue (Khepresh)

Souvent appelée « couronne de guerre », mais pas uniquement militaire. Haute et arrondie, bleue et parsemée de petits disques, avec le cobra au front, elle était portée lors des campagnes militaires, des célébrations de victoire et des apparitions publiques. Ramsès II la porte dans de nombreuses scènes de la bataille de Qadesh à Abou Simbel et à Louxor.

La coiffe némès

C’est l’image que tout le monde reconnaît, le tissu rayé du masque d’or de Toutânkhamon : il couvrait la tête, retombait en deux pans sur la poitrine et se nouait à l’arrière. Au front figuraient le cobra (la déesse Ouadjet, protectrice de la Basse-Égypte) et le vautour (la déesse Nekhbet, protectrice de la Haute-Égypte). Ce n’était pas techniquement une couronne, mais la coiffe royale courante.

La couronne Atef

La Couronne blanche encadrée de plumes d’autruche, parfois avec des cornes de bélier et des disques solaires, associée à Osiris. En la portant lors de certaines cérémonies, le pharaon s’identifiait au dieu de l’au-delà et de la résurrection.

Les chaussures royales : marcher sur ses ennemis

La plupart des Égyptiens allaient pieds nus ; les sandales étaient un luxe, et les sandales royales une déclaration politique. On les fabriquait en papyrus ou en fibre de palmier, en cuir fin, ou en bois doré pour les cérémonies. Dans la tombe de Toutânkhamon, on a retrouvé des sandales dont la semelle intérieure représente des ennemis de l’Égypte (Nubiens et Asiatiques) : à chaque pas, le pharaon piétinait symboliquement ses ennemis. Dans les sanctuaires intérieurs des temples, prêtres et rois devaient entrer pieds nus, car le sol était sacré.

L’uræus : le cobra protecteur des rois

Sur toute statue de pharaon, vous verrez un cobra dressé sur le front : l’uræus, l’un des symboles royaux les plus puissants. Il représentait la déesse Ouadjet, le feu divin prêt à frapper les ennemis et la légitimité du roi ; les textes le décrivent comme l’« Œil de Rê » qui détruit le chaos. Associé au vautour, il symbolisait l’Égypte unifiée. Les reines pouvaient aussi le porter.

Les bijoux : non pas une parure, mais une protection divine

L’ousekh (large collier)

Un grand collier couvrant la poitrine et les épaules, fait de perles de faïence, de pierres semi-précieuses (lapis-lazuli, cornaline, turquoise) et d’or, parfois avec des fermoirs en forme de faucon (Horus). Il servait d’armure spirituelle protégeant le cœur et la gorge. Le trésor de Toutânkhamon, au Grand Musée égyptien, en compte de magnifiques exemples.

Les amulettes protectrices

  • Ânkh : symbole de vie ; les dieux sont représentés le tendant au pharaon.
  • Pilier djed : la colonne vertébrale d’Osiris, stabilité et vie éternelle.
  • Sceptre ouas : pouvoir et domination.
  • Scarabée : transformation et renaissance ; les scarabées de cœur étaient placés sur les momies pour le jugement de l’âme.
  • Œil d’Horus (oudjat) : protection, guérison et pouvoir royal, très fréquent sur les bijoux et les momies.

Les vêtements rituels : quand le pharaon s’approchait des dieux

Dans les temples, les vêtements devaient être en lin blanc et propre ; la laine et les autres matières d’origine animale étaient considérées comme impures dans les espaces sacrés. Prêtres et pharaons pouvaient se changer plusieurs fois lors des grandes cérémonies.

La fête Sed : le jubilé royal, traditionnellement célébré après 30 ans de règne, avait sa propre tenue : un manteau court de style archaïque et une queue de taureau attachée à la ceinture, symbole de force. Le roi courait entre des bornes pour prouver sa vigueur et sa capacité à continuer de régner.

La mode des reines et des princesses

Les reines égyptiennes disposaient d’un pouvoir considérable, et leurs vêtements le reflétaient : robes ajustées en lin très fin, parfois translucide, à bretelles, plissés scintillant au mouvement et résilles de perles. Le célèbre buste de Néfertiti montre son grand collier et sa couronne plate caractéristique.

Couronnes des reines : le modius, une couronne plate souvent ornée de cobras, de disques solaires ou de cornes de vache (lien avec Hathor), et la couronne-vautour, dont les ailes de l’oiseau de Nekhbet enveloppent la tête. Elles étaient parfois combinées.

Hatchepsout : elle a régné comme pharaon et s’est fait représenter avec les attributs royaux masculins (némès, barbe postiche, shendyt et couronnes) pour asseoir son autorité, comme on le voit dans son temple de Deir el-Bahari.

Les matériaux : comment on fabriquait les vêtements

Presque tous les vêtements égyptiens étaient en lin, tiré du lin cultivé au bord du Nil : respirant, symbole de pureté et résistant. Le processus comprenait la récolte, le rouissage, le battage et le peignage des fibres, le filage et le tissage sur des métiers horizontaux, puis le lavage et le blanchiment. Le lin royal le plus fin était si léger qu’il en devenait presque transparent, et pourtant certaines pièces sont parvenues jusqu’à nous.

Couleurs : le blanc dominait (pureté et vérité). Les autres couleurs avaient un sens symbolique : rouge (pouvoir et vie), bleu (protection et ciel), jaune ou or (immortalité), vert (fertilité et renaissance) et noir (la terre fertile et la transformation). Les vêtements colorés étaient surtout réservés aux cérémonies, à la famille royale et à certains rituels.

À lire aussi : noms des reines de l’Égypte ancienne (en anglais)

Ce qu’il faut regarder dans les musées

Au Grand Musée égyptien : le mobilier funéraire de Toutânkhamon (sandales, gants, vêtements et tabliers cérémoniels), des fragments textiles et des bijoux avec l’explication de leurs symboles. Vous le découvrirez en détail lors de notre visite privée du Grand Musée égyptien.

Au Musée égyptien du Caire : collections de bijoux royaux et statues en bois peint qui conservent les détails colorés des vêtements, comme celles de Rahotep et Néfret. Vous pouvez le visiter avec notre excursion Musée égyptien, Citadelle et Caire copte.

Au musée de Louxor : statues gardant des traces de peinture d’origine et reliefs montrant des tenues cérémonielles.

La mode au fil des dynasties

Ancien Empire : shendyts courts et simples pour les hommes, souvent torse nu, et robes droites et ajustées à bretelles pour les femmes. Moyen Empire : apparition du plissé et des superpositions comme marqueurs de statut. Nouvel Empire : l’âge d’or de la mode pharaonique, avec plissés complexes, vêtements superposés, tissus translucides, bijoux élaborés, pièces cousues et couleurs pour les cérémonies. Basse Époque : tenues plus élaborées et influences grecques ; les souverains étrangers adoptaient parfois le costume royal égyptien pour se légitimer.

Hommes et femmes de la royauté : comparaison

  • Vêtement principal : shendyt plissé pour le pharaon ; robe ajustée pour la reine.
  • Couronnes : blanche, rouge, double, bleue et némès pour le pharaon ; vautour, modius et double plume pour la reine.
  • Symboles : uræus et barbe postiche pour le pharaon ; uræus et vautour pour la reine.
  • Bijoux : colliers, bracelets et bagues pour les deux ; les reines y ajoutaient chevillères et boucles d’oreilles.
  • Maquillage : khôl pour les deux ; les reines ajoutaient fard vert, rouge à joues et henné.

Selon la classe sociale : la différence tenait à la qualité du lin et des bijoux, pas au type de vêtement : lin grossier et pas de bijoux pour les travailleurs, lin un peu meilleur et bijoux simples en cuivre pour la classe moyenne, lin fin et pierres semi-précieuses pour les nobles, et le lin le plus fin, l’or et le lapis-lazuli pour la royauté.

Le sens profond : le vêtement comme ordre cosmique

Ce qui fascine dans le costume royal égyptien, c’est qu’il ne s’agissait pas d’être beau, mais de maintenir maât, l’équilibre cosmique. Purification, lin blanc, huiles sacrées, amulettes et la bonne couronne faisaient du roi un intermédiaire divin. Sans la tenue appropriée, le pharaon ne pouvait accomplir les fonctions religieuses qui, selon les croyances égyptiennes, assuraient la prospérité du pays, la crue du Nil et le lever du soleil.

Les meilleurs temples pour voir des reliefs de costumes

  • Karnak (Louxor) : scènes de processions cérémonielles dans la salle hypostyle.
  • Temple de Louxor : reliefs de la fête d’Opet.
  • Abou Simbel : scènes de bataille en tenue de guerre et couronnes sur les statues colossales.
  • Deir el-Bahari (temple d’Hatchepsout) : la reine-pharaon en costume masculin et l’expédition au pays de Pount avec ses vêtements étrangers.
  • Médinet Habou (temple de Ramsès III) : certains des reliefs aux couleurs les mieux conservées.

Conseils pour votre visite

Meilleure période : de novembre à février, les températures sont plus agréables mais il y a plus de monde ; mars-avril et octobre-novembre offrent un bon équilibre ; l’été est chaud, mais les musées sont climatisés. Dans les temples, le début de matinée et la fin d’après-midi offrent la plus belle lumière.

Que prévoir : des chaussures confortables, des vêtements légers et respirants (le lin, justement, est parfait), une couche supplémentaire pour la climatisation des musées et une protection solaire pour les temples.

Chez Amon Ra Tours, nous organisons des visites privées de musées avec des égyptologues professionnels, en prenant le temps d’expliquer les symboles et d’adapter l’itinéraire à vos centres d’intérêt.

Questions fréquentes

Les pharaons se maquillaient-ils ?

Oui, hommes et femmes utilisaient le khôl (fard noir à base de galène), un fard vert à base de malachite, de l’ocre rouge pour les lèvres et les joues, et du henné. Le maquillage avait un usage pratique (protection contre le soleil), médical et spirituel.

Lavait-on les vêtements ?

Oui. Les vêtements rituels et royaux étaient lavés avec grand soin ; les vêtements de tous les jours étaient lavés dans le Nil ou les canaux, battus contre des pierres et séchés au soleil. Le natron servait de produit nettoyant.

Portaient-ils des sous-vêtements ?

Les preuves sont rares. Certains hommes portaient un pagne de lin sous le shendyt ; pour les femmes, ce n’est pas clair.

Les enfants avaient-ils des vêtements particuliers ?

Les jeunes enfants allaient souvent nus, ce qui était normal avec la chaleur. Lorsqu’ils étaient habillés, ils portaient des versions miniatures des vêtements adultes ou de simples tuniques, et le signe typique de l’enfance était la « mèche de l’enfance », une tresse latérale sur le crâne rasé.

Que devenaient les vêtements royaux après la mort ?

Ils étaient placés dans la tombe pour l’au-delà. La tombe de Toutânkhamon contenait des centaines de vêtements, dont environ 145 pagnes et 27 gants, ainsi que des tabliers cérémoniels, des sandales, des bijoux et des amulettes.

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